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Tamara VIGNATI

Projet de doctorat 2010

L’HOMME ORDINAIRE FACE À L’«HOMME ACTIF».

Le mouvement «green»: arts et activismes producteurs d’imaginaires.


Table de matières

  • Avant-propos
  • Sujet
  • Terrain et Méthodologie envisagés
  • Chapitres envisagés
  • Bibliographie indicative

 

Avant-propos

Le vert est la couleur la plus utilisée dans les publicités des dernières saisons. L’étiquette « bio » ou le préfixe « éco » est devenue la qualité la plus recherchée dans les produits les plus disparates. L’éco-conception, l’éco-tactique, l’éco-résponsabilité, l’éco-développement sont des terminologies qui sont entrées en force dans notre vocabulaire quotidien.
La crise financière et les problèmes écologiques semblent conduire l’homme à un état critique, à un passage, à une transformation indispensable pour sa survie : les médias et la communication publicitaire en font leur marchandise.
Plusieurs philosophes et anthropologues contemporains
[1], de différentes provenances géographiques, critiquent fortement l’état actuel de l’évolution technologique et sociale qui a réifié l’homme contemporain en lui donnant le rôle d’acteur passif de la société du spectacle. Une mise en alerte, présente dans les ouvrages de ces auteurs, semble s’adresser plus à l’homme ordinaire[2] qu’au monde politique trop intéressé par l’économie et pas assez par la condition humaine. L’art aussi semble en partie avoir joué jusqu’à maintenant le rôle de marchandise et, comme le soutien Jacques Rancière, souvent l’artiste n’a pas travaillé pour émanciper son spectateur mais a préféré le voir passif et consentant devant son œuvre[3].
Depuis les années 1990, un activisme politique international, ainsi que beaucoup d’artistes, recherche la participation de l’homme de la rue pour mettre en place des mises en scène. L’homme ordinaire est ainsi devenu acteur d’actions qui ne le met pas en scène lui-même, mais ces stimulus construisent une importante expérience qui peut alimenter, exciter, et déclencher son émancipation. Est-ce que dans cet horizon, l’homme ordinaire peut-il muter ?

Nous tendons ici à définir conceptuellement ce nouvel homme, qui nous semble se dessiner sur fond d’un monde globalisé, à travers une étude sur le terrain d’activistes et d’artistes engagés dans un mouvement de prise de conscience de l’état de l’homme actuel qui fournit les éléments susceptibles de stimuler son émancipation.

Sujet

Dans les années 1970, avec le Rappor Meadows (1972)[4], les problèmes de l’évolution humaine en fonction de l’exploitation des ressources naturelles arrivent à l’attention des organisations et gouvernements mondiaux. C’est en 1980, avec le rapport « Stratégie mondiale de la conservation » de l’Union internationale pour la conservation[5], que l’expression «développement durable» est proposée pour la première fois[6]. En 1992 au deuxième sommet de la Terre, à Rio de Janeiro, le terme est consacré et le concept commence dès lors à être largement diffusé au grand public. En 1997, la Troisième conférence des Nations Unies sur les changements climatiques établit le « Protocole de Kyoto » qui entre en vigueur en 2005. Le principe de précaution[7] (Vorsorgeprinzip)[8], né de la tradition socio-juridique allemande dans les années 1930, permet aux chefs d’État et du Gouvernement de prendre des décisions discrétionnaires dans des situations où les connaissances scientifiques font défaut en la matière. Dans l’acception moderne, ce principe a un rôle déterminant dans l’orientation des actions politiques futures, en impliquant une responsabilité sociale afin de protéger le public de l’exposition au danger. Pourtant ce principe ne permet pas de s’approcher d’une solution aux problèmes écologiques mondiaux en provoquant souvent par exemple une discrétion excessive, une distorsion des priorités ou de fortes dépenses pour des mesures préventives, etc[9]. Nonobstant les États Unis avec leur « way of life » consomment près de 25% des ressources de la Terre pour 5% de la population mondiale, ils n’ont pas encore approuvé le Protocole de Kyoto pour ne pas sacrifier une partie des revenus dérivant de l’industrie américaine.

Les problèmes liés à l’évolution de l’homme ne peuvent se rapporter qu’au monde politique mais il est nécessaire d’investir une pensée politique, qui, selon Hanna Arendt, a pour but la liberté, une liberté qui commence quand l’action politique cesse d’avoir  lieu[10]. L’homme peut comprendre et se sentir en harmonie, une partie d’un tout, seulement s’il possède une éthique qui respecte son environnement et l’Autre. Mais il ne sera pas possible de prendre acte dans la résolution de cette urgence écologique et financière si l’homme ordinaire ne se transforme en un homme actif, un homme capable de prendre des décisions pour sa propre vie dans le respect des vies futures. Le problème écologique n’est que la pointe d’un iceberg de l’effondrement des valeurs humaines dans la société globale. Probablement cet alarmisme est pris au jeu de la communication médiatique et d’une réification commerciale mais il est certain qu’il soulève des problématiques beaucoup plus profondes qui enveloppent le sens de l’existence humaine et qui nous mettent dans le vif de l’épistème de l’hypermodernité.

Cette réflexion nous amène à considérer l’art soit comme moyen stratégique pour la bio-politique soit comme une des expressions de l’homme, comme un des instruments à travers lesquels l’artiste peut sensibiliser et émanciper l’homme contemporain dans son évolution spirituelle[11]. Il n’est pas question de principe de précaution mais d’un sentiment que l’homme devrait tenir à cœur pendant toute son existence de façon naturelle, sans force et sans obligation, sans considérer la réduction de ses envies de possession et de domination comme quelque chose d’inadmissible et d’impossible. C’est à ce propos que nous voudrions considérer, dans notre recherche, les concepts qui dérivent plus proprement de la philosophie orientale, du taoïsme chinois, du zen japonais ou du bouddhisme, comme des formes de pensée capables d’éduquer l’homme au respect de son environnement et de l’Autre. Ces philosophies qui sont au fondement des religions orientales, sans pourtant en être distinctes, observent la nature et les animaux, les lois qui en règlent l’équilibre, pour définir les principes auxquels l’homme devrait se référer pour développer son propre Être.

Depuis la fin des années 1960 et dans les années 1970, les artistes, surtout de provenance des ou actifs aux Étais Unis, se rendent sensibles aux principes des philosophies orientales en instaurant un mouvement qui cherche à rapprocher l’homme à la nature. L’œuvre ainsi située en dehors des espaces conçus pour l’art, met en discussion le geste de l’artiste et la valeur que le monde commercial de l’art lui donne en soulignant l’importance de la présence et donc de l’expérience directe du spectateur. Sans qu’ils puissent vraiment se rendre indépendants du marché de l’art, ces auteurs mettent en place un nouveau modèle d’artiste. Le Land art ou Earth-art en est l’exemple le plus important[12]. Ce mouvement est à l’origine du mouvement d’art définit comme art environnemental sous lequel on tend à distinguer le Bio art, l’Eco art, l’Environmental Installation ou Sited-sculpture, la Site-specific, Performance Art, la Social Sculpture, l’Assemblage et Recycled Art et la Reclamation Art.

Mais l’art comme nous avons affirmé plus haut, est aussi un des instruments de contrôle et d’affirmation de la bio-politique. Les moyens d’art reproductibles, la photographie et la vidéo, sont devenus dans le monde contemporain la preuve de l’existence du réel comme du fictif. À travers la retouche et la reproductibilité, même le cyborg possède ses images d’enfance, son histoire[13]. La politique, comme l’activisme, a besoin de l’image pour prouver son existence, pour donner au marché de la médiatisation de masse la bonne image qu’elle soit réelle ou retouchée. Si Austin dans son ouvrage Quand dire, c’est faire[14] affirme que la prononciation d’un énoncé dans une situation déterminée est à considérer comme un acte accompli, aujourd’hui l’énoncé semble avoir le besoin d’être documenté pour assumer la valeur du vrai : les discours sont enregistrés, filmés ; l’énonciateur est photographié, fixé dans l’acte de sa prononciation. Ainsi toute manifestation de protestation publique nécessite d’une documentation visuelle pour accéder à la presse ou à une diffusion télévisée ou plus simplement pour être inséré dans un des nombreux blogs existants sur la toile informatique. La documentation[15] s’inscrit aussi dans la bio-politique dans la mesure où la bio-politique contrôle par définition la durée de la vie humaine  et que la photographie ou la vidéo en donnent la preuve. « Si la vie n’est plus comprise comme un événement naturel, comme une fatalité, mais plutôt comme temps produit artificiellement et façonné, alors la vie est automatiquement politisée»[16].

«L’art n’est pas une jouissance, un plaisir ni un amusement,
l’art est une grande chose. C’est un organe vital de l’humanité
qui transporte dans le domaine du sentiment les conceptions de la raison.
Dans notre temps, la conception religieuse des hommes a pour centre
la fraternité universelle et le bonheur dans l’union.
La science véritable doit donc nous enseigner les diverses applications
de cette conception à notre vie ;
et l’art doit transporter cette conception dans le domaine de nos sentiments.»
Léon Tolstoï,
Qu’est-ce que l’art ?

Depuis la fin des années 1990 nous pouvons dénoter comment l’émergence écologique s’est manifestée à travers la médiatisation de la presse et le développement des réseaux sociaux par le moyen du Web2, dans les sphères les plus diverses de la société. Les appels au rassemblement, à l’organisation et à la participation des groupes et des masses, des actions de sensibilisation, de boycottage, de désobéissance civile ou de simple protestation vers les gouvernements, les multinationales et les structures internationales (par exemple la Banque Mondiale), détenteurs du pouvoir décisionnel pour l’entière population mondiale, sont toujours plus fréquents et deviennent des événements quotidiens.

L’homme forme son image par la confrontation avec l’Autre et à travers les images extérieures présentes dans son environnement. Ce type de relation lui permet de créer des images intérieures qui déterminent en outre sa vision du monde, ses relations, et ses jugements.

Combien et comment le mélange interculturel qui se vérifie dans les espaces publics peut faire découvrir ou donner à l’homme ordinaire de nouveaux modèles auxquels faire référence pour la construction de son Être ? Le philosophe, l’anthropologue activistes, l’artiste engagé, peuvent-ils donner à l’homme ordinaire les instruments de son émancipation ? Peuvent leurs actes et œuvres créer des images intérieures qui donnent à un homme ordinaire la raison de s’engager ?  Et un homme que nous appellerons actif, activiste, non seulement engagé personnellement ou en groupe dans une action et qui tente de persuader les citoyens à changer leur comportement ou les gouvernements à changer des lois, mais aussi actif dans sa propre vie, capable de risquer sa vie pour changer le cours des choses, cet homme pourrait-il préfigurer un nouveau concept d’homme contemporain?

Nous voudrions analyser dans cette thèse le développement de ce mouvement global qui semble s’accorder sous les principes de décroissance des consommations, de recyclage, de renouvellement énergétique, de création de modèles « alternatifs » du vivre et surtout d’actions intentionnelles qui désirent atteindre des changements sociaux, politiques, économiques ou environnementaux. Nous trouvons que la figure de l’homme actif dans ces actions et celle de l’artiste dans sa production tendent en quelque sorte à s’unifier dans un geste créatif  commun : les limites entre les différentes disciplines et les rôles sociaux sont toujours moins marquées. Philosophes, anthropologues, artistes et hommes ordinaires semblent dans notre époque se retrouver côte à côte dans les espaces publics, et utiliser la communication médiatique toujours plus en faveur de leurs causes en partageant ce malaise du vivre contemporain. Cette inquiétude ne les rend pas victimes du système mais au contraire leur donne le courage d’agir publiquement et de revendiquer leur droit de participer aux décisions politiques. Dans ce cadre l’artiste ne veut pas forcément persuader son public, mais il peut assumer le rôle de révélateur, de « fixateur » des réalités que le spectateur perçoit sans apercevoir[17]. Dans cette position, l’artiste peut revêtir un rôle social important, d’autant plus quand il décide d’exposer ses œuvres ou d’agir dans des espaces publics qu’ils soient urbains ou naturels.

Terrain et Méthodologie envisagés

Nous désirons utiliser la méthode de l’observation participante pour commencer notre travail de recherche en produisant pendant ce travail une documentation vidéo, photographique et sonore. Il est pour nous fondamental d’entamer un discours sur l’image qui dérive des actions radicales et, pour cette raison, la documentation sur le terrain sera impérative.

Pour développer notre recherche nous analyserons les fondements de la pensée dite verte, dans un point de vue économico-politique et philosophique. Cette pensée trouve son origine « institutionnelle » en Europe avec la naissance du premier parti politique vert, The Ecology Party[18], en 1973 en Grande-Bretagne. En 1976 naît, toujours au Royaume Uni, l’Animal Liberation Front[19], un mouvement de défense des animaux, et en 1986 apparaît la revue « Green Anarchist »[20], première revue dédiée à l’anarchie verte. Nous envisageons donc de commencer notre terrain de recherche en Angleterre en nous intéressant aux dynamiques des organisations activistes radicales anglo-saxonnes. Nous avons déjà eu l’occasion de rencontrer récemment l’anthropologue Chris Knight, professeur londonien et fondateur du Radical Antropology Group[21], un groupe d’anthropologues activistes. Leur engagement sur leurs terrains de recherche se manifeste par la participation d’actions en faveur des populations ou des groupes ethniques étudiés mais aussi en développant une participation active aux actions des groupes radicaux britanniques engagés dans des problématiques politiques ou de défense de l’environnement. Knight a été suspendu de sa chaire de professeur à l’University of East London pour avoir participé à l’Alternative Summit à l’occasion du G20 de Londres en avril 2009. A cette occasion, il a tenu une performance de street-theatre (théâtre de rue), « Eat the bankers! », avec son groupe « Government of the Dead », où déguisé en zombie cannibale il mangea une poupée avec la tête de Gordon Brown. Nous trouvons la figure de Chris Knight très intéressante pour débuter notre terrain de recherche. Avec son groupe, Knight dispense des cours publics d’anthropologie à Camden Town à Londres tous les mardis soirs. Ce milieu pourra nous approcher significativement de l’idéologie activiste anglaise en nous fournissant aussi la possibilité de rencontrer d’autres activistes engagés dans des groupes anarchistes, écologistes ou politiques actifs sur ce terrain. Cette première approche nous conduira vers l’approfondissement des dynamiques radicales d’où nous pourrions entamer un développement analytique et conceptuel relatif à notre sujet.

Un autre contact intéressant que nous avons pu avoir récemment est celui de John Zerzan, philosophe anarchiste américain. Zerzan est une figure ambiguë dans le milieu scientifique car il est très estimé par les groupes anarchistes et sous-estimé par la communauté scientifique qui le juge extrémiste et incohérent. Zerzan est devenu le «chef spirituel» du groupe des black-blocks pour ses idéologies liées à la propriété et ses réponses violentes au système. Zerzan vit dans la ville d’Eugene dans l’état de l’Oregon aux Étais Unis. Cette ville, de 150.000 habitants « est devenue un laboratoire pour les anarchistes, une cuisine d’essai pour les principes de l’anarchie appliquée à la petite ville américaine. Des questions comme les restaurants haut de gamme et des immeubles en copropriété, de nouveaux terrains de stationnement en centre-ville et l’exploitation forestière des forêts locales sont à l’ordre du jour. Les anarchistes sont pour la plupart des adolescents habillés en noir et écoutant du punk rock. Mais leur nombre comprend aussi des intellectuels d’âge moyen, des artistes et des écrivains. Et la communauté d’Eugene s’est joint à eux sur des questions comme les arbres du centre-ville, l’exploitation forestière des forêts nationales et les droits des animaux »[22]. Nous voudrions profiter du contact pris avec le philosophe américain pour pouvoir analyser les événements qui se vérifient dans la ville d’Eugene et interviewer les habitants à ce propos.

La plupart des représentants de la pensée « green » trouvent leur inspiration dans le primitivisme. L’approche anthropologique nous aidera à trouver des liens avec le mythe, le rituel et le signe dans les actions que nous voudrions analyser. Il sera aussi  indispensable pour nous d’analyser la pensée de philosophes tels qu’Emerson, ou Thoreau ainsi que de l’écrivain Léon Tolstoï, des penseurs qui ont donné dans un passé proche les idéaux sur lesquels ce mouvement idéologique et politique se fonde.

Nous trouvons intéressant d’approfondir ce sujet en langue française en dénotant une différence importante entre les ouvrages de langue anglaise et leurs éditions dans la nôtre. Ce manque dériverait-il d’une raison historique, c’est-à-dire d’une pensée qui n’a pris place que partiellement sur le terrain francophone, ou la « pensée verte » n’appartient presque exclusivement qu’au domaine de la politique gouvernementale ou économique, laissant un vide dans l’interconnexion que ces concepts ont avec l’art, la philosophie, le politique et le sociale, domaines que nous voudrions juxtaposer significativement[23] pour notre thèse ?

Chapitres envisagés

  • Définition du concept de nature, un parcours entre les philosophies orientales, la philosophie occidentale et l’anthropologie.
  • Les limites et les contraintes naturelles : les ressources terrestres ne sont pas infinies. L’homme et l’appropriation de la nature comme objet.
  • Rapport entre religion et économie, science et art.
  • L’art comme moyen de percevoir le spirituel.
  • Le politique et le social, la condition de l’homme contemporain.
  • L’activisme comme forme de réappropriation des droits de l’homme.
  • Situationnismes et performances : rituels publics.
  • Le primitivisme de John Zerzan.
  • L’homme ordinaire et l’homme actif. L’activiste et l’artiste : esprit du passage ?
  • Conclusions.

 

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Senza via di scampo ? Riflessioni sulla fine del mondo, Arcana edizioni, Roma

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Documenta X – the book, Cantz Verlag, Ostfildern, 1997

Gordon Matta-Clark. You are the mesure, Elisabeth Sussman Editor,
Whitney Museum of    American, NY, Yale University Press, New Haven, 2007 

John Baldessari. From Life, Carré d’Art – ENSBA, Nîmes, 2005

Martin Kippenberg. Ten years after.Taschen, 1991

Out of Actions: Between Performance and the Objet, 1949-1979, (Paul Schimmel),
Thames and Hudson, 1998
.

Radical Nature, Art and Archicteture for a Changing Planet 1969-2009,  

Barbican Art Center, Koenig Books, 2009

Trace du Sacré, Centre Pompidou, Paris, 2008.

REVUES

1970-74         Radical Sofware, Raindance Corporation

SITES

 www.greenmuseum.org

www.culturalpolitics.net

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[1] Pour les philosophes, nous citons Bruno Latour, Paul Virilio, John Zerzan, Dominique Quessada, Giorgio Aganben, Tiqqun par exemple, Chris Knight comme anthropologue et activiste radical anglais.

[2] Nous avons analysé la figure de l’homme ordinaire, dans notre mémoire de Master 2 dans la mention « Arts et (discuté en septembre 2010 à l’EHESS), « La figure de l’homme ordinaire : une lecture de l’œuvre de Blu » où nous avons mis en relation cette figure avec l’œuvre du muraliste italien Blu (www.blublu.org). L’homme ordinaire est un homme qui n’arrive pas à prendre une position active dans la société restant encadré dans un système qui le veut producteur et consommateur sans critique. « On retrouve l’origine du concept de l’homme sans qualités, de l’homme moyen dans toute la littérature occidentale de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui en fait son « héros » quasi-exclusif : par exemple de Sengle dans Les Jours et les Nuits (1897) de Jarry à Plume de Michaux (1938), de Pessoa lui-même à L’homme sans qualités (1930) de Musil, de Bartleby (1853) d’Herman Melville à Kafka. C’est avec le traité Être et Temps de Heidegger qu’il devient le non-sujet central de la philosophie. » Tiqqun, La théorie du Bloom, La Fabrique éditions, Paris, 2000. Page 45. La théorie du Bloom est un texte qui a été publié d’abord à l’intérieur de la revue  Tiqqun 1 et republié comme texte autonome, à partir de l’année 2000, par La Fabrique éditions, Paris.

[3] Jacques Rancière, Le spectateur émancipé, La Fabrique éditions, Paris, 2008.

[4] The Limits To Growth (Les limites à la croissance), publié en France sous le titre « Halte à la croissance ? », est demandé à une équipe du Massachusetts Institute of Technology par le Club de Rome (http://www.clubofrome.org/eng/about/1/) en 1970. Ce rapport est aussi connu sous l’appellation usuelle Rapport Meadows en référence à deux de ses quatre auteurs: Donella Meadows et Dennis Meadows, Jorgen Randers et William Behrens. C’est la première étude importante soulignant les dangers écologiques de la croissance économique et démographique que connaît alors le monde.

[5] IUCN, International Union for Conservation of Nature (http://www.iucn.org/ ).

[6] « Le but est un développement durable. À ce jour, cette notion paraît utopique, et pourtant elle est réalisable… ..c’est

seule option rationnelle.» (UICN/PNUE/WWF, 1980. Stratégie mondiale de la conservation: la conservation des ressources vivantes au service du développement durable). « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion: le concept de ” besoins “, et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ». Source : Rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU, présidée par Mme. Gro Harlem Brundtland, 1987.

[7] Le principe 15 de «The United Nations Conference on Environment and Development» de Rio de Janeiro du juin 1992  déclare:  «In order to protect the environment, the precautionary approach shall be widely applied by States according to their capabilities. Where there are threats of serious or irreversible damage, lack of full scientific certainty shall not be used as a reason for postponing cost-effective measures to prevent environmental degradation».

(http://www.unep.org/Documents.multilingual/Default.aspDocumentID=78&ArticleID=1163)

[8] «As Boehmer Christiansen argues, the German concept of Vorsorgeprinzip means much more than the rough English

translation of foresight planning. It absorbs notions of risk prevention, cost effectiveness but in a looser economic framework, ethical responsibilities towards maintaining the integrity of natural systems, and the fallibility of human understanding. The right of nature means, in part, giving it room to accommodate to human interference, so precaution presumes that mistakes can be made. For the Germans, therefore, precaution is an interventionist measure, a justification of state involvement in the day to day lives of its lander and its citizenry in the name of good government». Tim O’Riordan and James Cameron, Interpreting the Precautionary Principle, Earthscan Publications, 1994.

[10] Hanna Arendt, Qu’est-ce que la politique ?, Édition  du Seuil, Paris, 1995. Page 64.

[11] Le sens spirituel semble être un des éléments à considérer pour notre évolution, car il est capable de faire resurgir dans l’humain le sens du respect vers l’autre.

[12] Le Land Art est né de l’influence des mouvements artistiques européens du début du XX siècle, du Futurisme, du dadaïsme, du constructivisme russe, du surréalisme et du situationnisme. Mais aussi Beuys, comme les travaux anthropologiques constituent pour une importante  référence.

[13] Nous faisons ici référence au film de Ridley Scott « Blade Runner » (1982) où des « réplicants » de mémoire recevaient des fausses images de leurs enfances. (Boris Groys, « Art in the Age of Biopolitics : From Artwork to Art

Documentation » en Art Power, The MIT Press, 2008,  et  André Gunther , « Les androïdes rêvent-ils de photos de famille? » ( http://culturevisuelle.org/icones/338 ) ).

[14] John Langshaw Austin., Quand dire, c’est faire, Éditions du Seuil, Paris, 1970.

[15] Il peut y avoir d’un événement une documentation technique et une documentation artistique, la différence entre les deux est que la première ne construit pas une histoire mais un système d’instruction pour produire un objet déterminé, la documentation artistique est au contraire essentiellement narrative. (Boris Groys, Ibid..). Par exemple, la documentation relative à des actions politiques devient dans certains cas le sujet d’une œuvre d’art. Allan Sekula, avec la série des diapositives «Waiting for Tear Gas» montre la manifestation contre la Conference de la World Trade Organization tenue à Seattle à la fin du 1999. La série était visible sur le site: (http://www.henryart.org/exhibitions/past/1111/2009 ) le 23 octobre 2010.

[16] « If life is no longer understood as a natural event, as fate, but rather as time artificially produced and fashioned, then life automatically politicized, since the technical and artistic decisions with respect to the shaping of the lifespan are always political decision as well. » Boris Groys, Ibid..

[17] « Il y a, depuis des siècles, des hommes dont la fonction est de voir et de nous faire voir ce que nous n’apercevons

naturellement. Ce sont les artistes»; «Les grands peintres sont des hommes auxquels remonte une certaine vision des choses qui est devenue ou qui deviendra la vision de tous les hommes». Si nous acceptons et admirons ces grands peintres, «c’est parce que nous avions déjà perçu quelque chose de ce qu’ils nous montrent. Mais nous avons perçu sans apercevoir. C’était, pour nous, une vision brillante et évanouissante, perdue dans la foule de ces visions également brillantes, également évanouissantes, qui se recouvrent dans notre expérience usuelle comme des dissolving views  et qui constituent, par leur interférence réciproque, la vision pâle et décolorée que nous avons habituellement des choses. Le peintre l’a isolée; il l’a si bien fixée sur la toile que, désormais, nous ne pourrons nous empêcher d’apercevoir dans la réalité ce qu’il y a vu lui-même». Henri Bergson, « La pensée et le mouvant », première conference faite à l’Université d’Oxford en mai 1911(La perception du mouvement), 1969. Presse Universitaire de France, Paris. Pages 149-150

[22] Kim Murphy, « Oregon Anarchists Rise Up in Uncivil Disobedience », Los Angeles Times, August 3, 1999 

[23] Nous retenons qu’une approche pluridisciplinaire à notre sujet est strictement nécessaire à fin de considérer le rapport de l’humain avec le tout. Nous tenons donc pour fondamental d’envisager une recherche qui touche à notre problématique dans le cadre économique, politique, philosophique et anthropologique.